J’ai 6 ans aujourd’hui. J’aurai 20 ans en 2040. Une lecture du Pacte : patrimoine enfermé dans les murs, liquidité contre une dette différée, enveloppe de 700 Md€, rythme conditionnel, test de 2040.
#CritiquerJ’ai 6 ans aujourd’hui. J’aurai 20 ans en 2040.
#CritiquerExplique-moi le Pacte.
#CritiquerImagine que tes parents possèdent une maison. Au fil des années, ils en ont payé une partie et sa valeur a peut-être augmenté. Ils ont donc accumulé de la richesse.
#CritiquerMais cette richesse est enfermée dans les murs. Pour l’utiliser, normalement, il faudrait vendre la maison ou emprunter de l’argent et commencer à rembourser chaque mois le capital et les intérêts.
#CritiquerLe Pacte propose autre chose.
#CritiquerTes parents pourraient emprunter une fraction limitée de la valeur de leur maison sans avoir à rembourser immédiatement le capital. Pendant cette période, ils paieraient surtout les intérêts. Le capital resterait dû et serait remboursé plus tard : progressivement, lors d’un refinancement, de la vente du logement ou de la succession.
#CritiquerCela leur donnerait de l’argent disponible aujourd’hui et davantage de liberté dans leur budget chaque mois.
#CritiquerIls pourraient l’utiliser pour rénover leur maison, aider leurs enfants à s’installer, financer des études, investir, préparer leur retraite ou simplement disposer de davantage de marge dans leur vie quotidienne.
#CritiquerCe n’est pas de l’argent gratuit. La famille transforme une petite partie de son patrimoine immobilier en argent utilisable aujourd’hui, en échange d’une dette qu’elle conserve pour plus tard.
#CritiquerEt à l’échelle de la France ?
#CritiquerLes ménages français détiennent environ 8 850 milliards d’euros de logements et de terrains bâtis.
#CritiquerLe scénario étudié par France 2040 imagine que 700 milliards d’euros de crédit à intérêts seuls soient progressivement créés entre 2027 et 2040.
#CritiquerC’est une somme immense. Mais elle représente environ 8 % de ce patrimoine immobilier.
#CritiquerDans le scénario central actuellement testé, les ménages dépenseraient environ 315 milliards d’euros supplémentaires sur cette période.
#CritiquerC’est là que commence le pari économique.
#CritiquerSi cet argent sert à rénover, investir, consommer, créer des entreprises ou aider une nouvelle génération à s’installer, il crée de l’activité. Si cette activité est produite en France, elle peut créer des emplois, des investissements et des recettes fiscales supplémentaires.
#CritiquerL’État devrait alors tenir sa part du contrat : maîtriser la progression de ses dépenses et utiliser les recettes supplémentaires pour réduire ses déficits plutôt que pour créer de nouvelles dépenses permanentes.
#CritiquerMais si l’argent fait surtout monter les prix des logements, augmente les importations ou crée trop d’inflation, le mécanisme fonctionne mal.
#CritiquerC’est pourquoi le Pacte ne serait pas ouvert d’un seul coup.
#CritiquerIl monterait progressivement. On mesure. On observe. On ajuste. On accélère, on ralentit ou on arrête.
#CritiquerL’objectif n’est pas d’atteindre 700 milliards à tout prix. C’est de savoir combien de richesse immobilière peut être rendue liquide utilement, sans fragiliser les ménages, les banques ou l’économie.
#CritiquerEt 2040 constitue la limite du dispositif : à cette date, le flux de nouveaux crédits du Pacte doit être revenu à zéro. La France ne doit pas devenir dépendante d’une augmentation permanente de la dette immobilière.
#CritiquerLe pari est donc double :
#Critiquerdonner davantage de liberté financière aux générations qui ont déjà accumulé du patrimoine, tout en utilisant cette fenêtre pour laisser une économie plus productive et des finances publiques plus solides à celles qui arrivent.
#CritiquerEn 2040, l’enfant qui a 6 ans aujourd’hui en aura 20.
#CritiquerLa vraie question du Pacte est peut-être celle-ci : quel bilan voulons-nous lui transmettre ?
#CritiquerNous ne savons pas encore si ce pari peut fonctionner. C’est précisément ce que France 2040 cherche à tester.