Épreuve contradictoire · Document de travail · 3 octobre 2026
Épreuve contradictoire EC-02 — Transformation du crédit en dépense
Que font les ménages de l’euro tiré ? Verdict : non tranché. Un tirage n’est pas une demande ; le scalaire 25 / 50 / 75 % n’est pas un panier d’usages.
Version 2026-10-03 — version actuelle
Verdict de cette version : Non tranché. Le coefficient unique est remplacé par un vecteur d’usages ; les parts restent vides.
Cette version est fixe. Une révision sera une autre version. La publication ne signifie pas que le test est clos.
Adresse : /documents/red-team-02/v/2026-10-03
Avancement
- Test étroit (effet richesse)Passé — ne tue pas
- Vecteur d’usagesPosé ; parts vides
- Dépense supplémentaireNon démontrée
- Production françaiseRenvoyée à EC-03
- Parts du vecteur dans le modèleVides
Critiquer3 octobre 2026. Note. Elle ne choisit pas de coefficient unique. Elle ne remplit pas la part de dépense qui devient du volume français (EC-03). Elle ne calcule pas de recettes (EC-06). Elle ne dit pas que 700 Md€ de part à intérêts seuls sont 700 Md€ de demande.
CritiquerObjet de l’épreuve
CritiquerLa question n’est pas : « un euro emprunté est-il un euro de PIB ? » Ce n’est pas le même objet. La question est : « que font les ménages de l’euro tiré ? Quelle part est une dépense supplémentaire, et de quelle nature ? »
CritiquerHypothèse sous test : un encours important de part à intérêts seuls du Pacte donne lieu, pour une part assez grande, à une dépense supplémentaire — et pas seulement à de l’épargne, au remboursement d’une autre dette, à un transfert, ou à l’achat d’un actif déjà existant — pour que la chaîne crédit → activité française → recettes (EC-03, EC-06) puisse encore être testée.
CritiquerVerdict de cette passe : non tranché. La première version avait passé un test étroit : l’effet richesse mesuré en France ne tue pas, à lui seul, un canal de liquidité. Cette version change l’objet. Elle tranche le coefficient unique 25 / 50 / 75 % en un vecteur d’usages. Elle ne le remplit pas.
CritiquerDistinction centrale
CritiquerEC-02 mesure l’allocation du tirage. Ce n’est pas :
- Critiquerl’effet richesse (un prix qui monte, sans nouvel emprunt) ;
- Critiquerle contenu en valeur ajoutée française d’une dépense déjà faite (EC-03) ;
- Critiquerle retour fiscal par euro dépensé (EC-06).
CritiquerUn euro tiré se partage. Seule une partie devient une dépense supplémentaire. Cette dépense n’est pas homogène : rénover n’est pas consommer, et acheter un logement déjà là n’est pas ajouter de la demande.
CritiquerL’identité, pour un euro de part à intérêts seuls tiré :
Critiquer1 = rénovation / gros travaux + consommation + investissement productif nouveau + autres actifs (logement ou titres déjà existants) + liquidités conservées + remboursement d’une autre dette + transferts / donations + reste.
CritiquerLa dépense supplémentaire au sens d’EC-02, c’est la somme des trois premiers postes — rénovation, consommation, investissement productif nouveau. Les quatre suivants ne créent pas, par eux-mêmes, de demande additionnelle. Le « reste » n’est pas une estimation : c’est la case des usages non classés.
CritiquerLes sondes 25 / 50 / 75 % de v0.1 compriment cette identité en un seul nombre. Elles ne disent pas de quoi est faite la dépense. EC-03 ne peut pas appliquer un contenu français, ni une contrainte de capacité, à un agrégat indistinct. C’est pour cela que ces sondes restent suspendues : pas parce qu’il faudrait en choisir une, mais parce que ce n’est pas le bon objet.
CritiquerOù on en est
CritiquerEC-09, gelée, a nommé la combinaison. Elle a renvoyé le chiffrage à la pile. L’ordre de travail, pour le modèle, est :
- CritiquerEC-02 — usages du tirage (cette note).
- CritiquerEC-03 — de chaque usage dépensé vers le volume français, les importations, les prix et les capacités.
- CritiquerEC-06 — recettes marginales par assiette, pas le taux moyen de prélèvements.
- CritiquerEC-07 — trajectoire 2027–2040 du solde, de la dette, du ratio et des intérêts.
- CritiquerRetour à EC-09 — scénarios joints et règles d’arrêt.
CritiquerEC-05 et EC-08 peuvent avancer en parallèle : le prudentiel ne dépend pas entièrement de cette chaîne.
CritiquerSix usages, deux familles
| Usage | Famille | Ce que ça fait à la demande | Qui en hérite ensuite |
|---|---|---|---|
| Rénovation / gros travaux | Dépense supplémentaire (investissement logement) | Ajoute de la demande de BTP | EC-03 : contenu français élevé, offre souvent rigide |
| Consommation | Dépense supplémentaire | Ajoute de la demande de biens et services | EC-03 : mix importations / services / prix |
| Investissement productif nouveau | Dépense supplémentaire | Ajoute de la FBCF si le tirage finance vraiment un actif nouveau | EC-03 : selon le bien d’équipement |
| Autre actif déjà existant | Fuite patrimoniale | Déplace un titre ou un logement ; ne crée pas le bien | EC-03 : souvent nul en volume ; EC-06 : éventuellement DMTO |
| Liquidités conservées | Fuite financière | Bilan, pas de dépense | — |
| Remboursement d’une autre dette | Substitution de passif | Annule un crédit ailleurs | Parcours ménages ; pas de demande nouvelle |
| Transferts / donations | Transfert entre ménages | La dépense, s’il y en a, est celle du receveur | À suivre chez le receveur, pas à compter deux fois |
CritiquerV2 parle déjà de consommation, rénovation, investissement, création d’entreprise, formation, mobilité, transmission anticipée. Ce n’est pas un vecteur observé. C’est le menu que EC-02 doit pouvoir recevoir sans le remplir ici.
CritiquerCe que l’effet richesse ne tranche pas
CritiquerLes travaux français mesurent surtout un effet de prix : le logement s’apprécie, les ménages consomment-ils davantage, sans nouvel emprunt ?
CritiquerArrondel, Lamarche et Savignac, Économie et Statistique n° 472-473, 2014. Sur données agrégées, un euro de patrimoine supplémentaire est associé à environ 0,8 à 1 centime de consommation annuelle ; l’effet est plus fort pour le patrimoine financier que pour l’immobilier (ils citent Chauvin et Damette, 2010, et Slacalek, 2009). Sur l’enquête Patrimoine 2010, la propension marginale à consommer la richesse est d’environ 0,5 centime par euro ; pour la résidence principale, 1,1 centime sous la médiane de patrimoine net, 0,7 centime dans le décile le plus riche. La propension baisse avec le patrimoine.
CritiquerCes chiffres ne sont pas un taux de transformation du crédit en dépense. Un effet richesse faible en France est un avertissement. Il ne falsifie pas, à lui seul, un canal de liquidité qui n’a pas été observé à cette échelle. Il ne le valide pas non plus.
CritiquerLe collatéral déjà observé n’est pas le Pacte
CritiquerQuand, dans le HFCS, des ménages européens ont utilisé leur résidence principale comme collatéral pour autre chose que l’acheter ou la rénover, l’usage fréquent est l’achat d’un autre bien immobilier. Financer une activité professionnelle est aussi un usage important, notamment en Italie, en France, en Grèce et en Espagne. Causa, Woloszko et Leite, OECD Economics Department Working Paper n° 1588, 16 décembre 2019, figure 16. Le champ est étroit : destination déclarée de prêts déjà gagés, pas un programme de mobilisation du capital immobilier net. Le texte ne donne pas la part française exacte de chaque usage.
CritiquerCe n’est donc pas une clé de répartition pour les 700 Md€. C’est une mise en garde : « collatéral utilisé » n’est pas « consommation ». En France, l’usage non-résidence va souvent vers un autre actif ou vers l’activité — deux postes qui, pour EC-02, ne sont pas automatiquement de la dépense supplémentaire.
CritiquerLa distribution continue d’aggraver le problème
CritiquerLa propension à consommer le patrimoine baisse quand le patrimoine monte. Or le réservoir est concentré là où cette propension est la plus faible. Début 2024, les ménages dont la personne de référence a entre 50 et 79 ans représentent 50 % des ménages et détiennent 61 % de la masse de patrimoine brut. Les 10 % les mieux dotés détiennent 48 % de cette masse. Insee, Focus n° 371, enquête Histoire de vie et Patrimoine 2023-2024, insee.fr/fr/statistiques/8672665. C’est le patrimoine brut total, pas le capital immobilier net mobilisable.
CritiquerSi le Pacte est tiré surtout là, une part élevée de consommation est moins plausible qu’une part élevée de rénovation, de transmission, de conservation de liquidités, ou de substitution de dette. Ce n’est pas une répartition. C’est une contrainte sur les répartitions admissibles.
CritiquerContre-épreuve britannique — pas une preuve pour le Pacte
CritiquerLe Royaume-Uni a observé un marché mature de retrait de liquidité hypothécaire. Ce n’est pas le produit du Pacte. Ce n’est pas un prior français.
CritiquerBanque d’Angleterre, Quarterly Bulletin, T3 2004 (Benito et Power, enquête Survey of English Housing 2003). L’essentiel des retraits bruts n’est pas consommé à court terme. Vendeurs sans rachat et ménages qui « descendent » (environ 60 % de la valeur des retraits bruts, dans leur estimation) tendent à rembourser ou à épargner. Les refinancements et avances supplémentaires sont plus souvent dépensés, mais ne représenteraient qu’environ un quart des retraits bruts. Parmi ceux qui dépensent, les travaux dans le logement dominent les biens de consommation.
CritiquerBenito, Housing equity as a buffer, Bank of England Working Paper n° 381, 2007. Parmi les ménages qui retirent, l’amélioration du logement est le motif dominant (de l’ordre de trois quarts des déclarations dans cette enquête). Cela stimule l’activité, mais c’est de l’investissement logement, pas de la consommation.
CritiquerLecture autorisée ici : même là où le canal de collatéral est large, dépense ≠ consommation, et une grande part du flux n’est pas de la dépense du tout. Lecture interdite : coller 75 % de rénovation britannique sur le Pacte.
CritiquerPourquoi 25 / 50 / 75 % ne peuvent plus servir de cas
CritiquerSur 700 Md€, ces sondes font 175, 350 et 525 Md€ de « dépense supplémentaire ». Elles restent des bornes arithmétiques sur la somme rénovation + consommation + investissement productif nouveau. Elles ne sont :
CritiquerDeux sondes à 50 % ne sont pas équivalentes. 50 % de rénovation et 50 % de consommation n’ont pas le même contenu français, pas la même rigidité d’offre, pas les mêmes assiettes fiscales. Les traiter comme un seul 50 % est ce qui bloquait EC-03 et EC-06.
CritiquerElles ne doivent pas être multipliées par le 0,65 de v0.1 (« domestic additional-spend share ») : ce serait compter deux fois un coefficient inconnu, et mélanger EC-02 et EC-03.
Critiquerv0.1 multiplie encore le crédit par 0,65 puis par 0,35. Le produit, environ 0,23 euro de PIB réel par euro de crédit, est un input non estimé. Ce n’est pas le résultat de cette note. Il n’est pas un cas central à conserver.
CritiquerTrois compositions de travail — pas des estimations
CritiquerPour remplacer le scalaire, le modèle doit porter un vecteur. En attendant les données, trois compositions de travail suffisent à empêcher de refermer trop tôt. Aucune n’est un central. Les parts sont vides ; seules les familles sont posées.
- CritiquerComposition « travaux ». La dépense supplémentaire, s’il y en a, est surtout de la rénovation. La consommation reste secondaire. Compatible avec un tirage chez des propriétaires âgés qui améliorent le bien ou préparent une transmission. C’est le cas que EC-03 devra confronter à la capacité du BTP (gros travaux 67,2 Md€ en 2024, SDES, compte du logement — ordre de grandeur du marché, pas une part du Pacte).
- CritiquerComposition « fuites ». La plus grande part du tirage va aux liquidités, au remboursement d’une autre dette, aux transferts, ou à l’achat d’actifs déjà existants. La dépense supplémentaire est faible. C’est le cas qui peut tuer la chaîne même si 700 Md€ sont originés.
- CritiquerComposition « consommation ». Une part élevée va aux biens et services courants. C’est le cas le plus proche d’un « multiplicateur » naïf — et le moins étayé par l’effet richesse français et par la distribution du patrimoine.
CritiquerLes trois peuvent être croisées, plus tard, avec les sondes 25 / 50 / 75 % sur la somme dépensée seulement. Tant que le vecteur est vide, publier un 50 % unique recréerait la fausse précision que la première version avait refusée.
CritiquerCe que cette passe n’écrit pas
CritiquerElle n’écrit pas R, C, I, A, L, D, T. Elle ne convertit pas 700 Md€ en 175 / 350 / 525 Md€ de PIB. Elle ne dit pas que la rénovation est le cas central. Elle ne dit pas que la consommation est négligeable. Elle ne réécrit pas EC-03, EC-06 ni le modèle. Elle ne choisit pas le critère numérique de succès du Pacte.
CritiquerClassement
- CritiquerÉtabli. Un euro tiré n’est pas un euro de demande. L’identité d’allocation a au moins six postes, dont seulement une partie est de la dépense supplémentaire. L’effet richesse immobilier français mesuré est faible, et plus faible chez les plus patrimoniaux. Le patrimoine brut est concentré entre 50 et 79 ans et dans le décile supérieur. Dans le HFCS, le collatéral de la résidence principale, hors achat ou rénovation de cette résidence, va souvent vers un autre bien ou vers l’activité — y compris en France. Les sondes 25 / 50 / 75 % mesurent un scalaire ; elles ne sont pas un panier.
- CritiquerPlausible, non démontré. Une partie du tirage serait dépensée, probablement plus en rénovation qu’en consommation courante si le tirage est concentré chez des propriétaires âgés. Non mesuré.
- CritiquerHypothèse faible. Traiter 700 Md€ comme 700 Md€ de demande. Lire 0,65 × 0,35 comme une estimation. Choisir 25, 50 ou 75 % comme cas central. Appliquer au Pacte les parts britanniques de travaux. Confondre effet richesse et canal de liquidité. Confondre dépense supplémentaire et production française.
- CritiquerPotentiellement fatal, non démontré. Si la composition « fuites » domine : l’encours monte, la demande n’apparaît pas, EC-03 et EC-06 n’ont presque rien à taxer ni à produire. Si une composition « travaux » saturait l’offre de BTP, le problème passerait à EC-03 (prix, files, importations de matériaux) — ce n’est pas encore un coefficient d’EC-02.
- CritiquerDonnées requises. Distribution, à l’octroi, des usages du tirage de part à intérêts seuls : rénovation, consommation, investissement productif, autres actifs, liquidités, substitution de dette, transferts — en parts qui somment à 1. Par âge, patrimoine et motif déclaré. Puis seulement des fourchettes défendables pour le vecteur, à la place du scalaire 25 / 50 / 75 %. Le contenu importé, les capacités et les prix restent EC-03.
Sources citées
- Arrondel, Lamarche et Savignac, Économie et Statistique n° 472-473, 2014. Effet de richesse, pas le canal du Pacte.
- Insee, Focus n° 371, enquête Histoire de vie et Patrimoine 2023-2024. Ménages 50–79 ans : 50 % des ménages, 61 % du patrimoine brut ; 10 % les mieux dotés : 48 % de la masse.
- Causa, Woloszko et Leite, OECD Economics Department Working Paper n° 1588, 16 décembre 2019, figure 16 (HFCS). Usages du collatéral hors achat/rénovation de la résidence : souvent autre immobilier ; activité professionnelle fréquente en France. Pas un programme de mobilisation du capital immobilier net.
- Banque d’Angleterre, Quarterly Bulletin T3 2004 (Benito et Power). L’essentiel des retraits bruts n’est pas consommé à court terme ; parmi ceux qui dépensent, les travaux dominent. Contre-épreuve, pas une preuve pour le Pacte.
- Benito, Housing equity as a buffer, Bank of England Working Paper n° 381, 2007. Motif dominant déclaré : amélioration du logement (investissement, pas consommation). Contre-épreuve.
Versions
- 2026-09-28 · 28 septembre 2026 · Remplacé
Première version. Effet richesse ≠ canal de liquidité. Sondes 25 / 50 / 75 % encore un scalaire. Remplacée.
- 2026-10-03 · 3 octobre 2026 · Document de travail
Identité d’allocation. Dépense supplémentaire = rénovation + consommation + investissement productif nouveau. 25 / 50 / 75 % ne sont plus un cas. UK en contre-épreuve, pas en prior. Suite : EC-03.